Des informations pas toujours vertes, 10 février 2009


Où l'on voit que bio ne rime pas toujours avec durable, le soja venait de Chine;

L'affaire du soja importé de Chine destiné à l'alimentation de la volaille bio a été largement médiatisée. Cette affaire montre que  bio ne rime pas toujours avec développement durable, économies d'énergies, circuits courts....

L'eau en danger
Nous le savons les pesticides sont une menace aujourd'hui certaine pour la qualité de l'eau. Mais "l'or bleu" est guetté par bien d'autres dangers. La pénurie d'abord. Plusieurs régions du monde sont concernées par l'existence d'un pic de l'eau par analogie au pic pétrolier qui correspond au maximun de production  avant le déclin de la ressource. C'est déjà le cas  en Californie, dans certaines régions de la Chine, dans les pays du Moyen Orient et plus étonnant ça le sera peut être demain dans le sud de l'Angleterre. Si nious continuons sur les pratiques actuelles industrielles, agricoles, touristiques, la crise sera certaine.
Un autre danger c'est la pollution par les médicaments. Toutes les eaux sont contaminées et cette pollution se constate partout dans le Monde. Cette pollution qui n'est aujourd'hui pas traitée par les stations d'épuration trouve son origine dans les urines et les selles humaines et animales, dans les médicaments non utilisés que l'on rejette dans les égouts et dans les rejets de l'industrie chimique et pharmaceutique.
L'ingestion  quotidienne des produits issus des médicaments  est bien évidemment dangereuse pour l'homme et tout le vivant mais comme pour les pesticides le danger vient aussi des mélanges dont les effets sont aujourd'hui inconnus.

La sécurité alimentaire mondiale menacée
La baisse actuelle des produits alimentaires que nous connaissons chez nous est trompeuse. Dans le monde les émeutes de la faim se multiplient et plus d'un milliard d'êtrees humains sont menacés de pénurie alimentaire. L'Argentine 4° exportateur modialde blé, 2° de maïs et 3° de soja connait actuellement une sécheresse virulente.  En 2007 c'était l'Australie qui ne pouvait plus fournir. Certes, d'autres pays pourront sans doute compenser mais on voit ici que la situation est extrêmement fragile et toujours plus liée aux aléas climatiques.

Il faut taxer les pesticides

ALBAN THOMAS[ les Echos 13/02/09  ]

Les pesticides présentent des dangers pour les écosystèmes et la santé humaine. C'est pourquoi le Parlement européen a adopté une directive visant à limiter leur utilisation. En France, un projet de loi a été voté par l'Assemblée en novembre dernier, puis par le Sénat début février, avec un objectif affiché : réduire de moitié l'usage des pesticides d'ici à dix ans. Mais à aucun moment le texte n'envisage de surtaxer les pesticides afin d'inciter les agriculteurs à modifier leurs pratiques. Et, sans ce volet économique volontariste, on peut légitimement craindre que le projet débouche sur bien peu de résultats tangibles...




Le projet Ecophyto 2018 vise à mettre la France en accord avec la stratégie européenne sur l'utilisation durable des pesticides. Il comprend de nombreuses mesures intéressantes : création d'indicateurs plus précis sur l'usage des pesticides à l'échelle locale, effort de recherche accru pour encourager des systèmes agricoles innovants, formation et certification des agriculteurs. Il reconnaît surtout qu'il faut accompagner l'évolution de l'agriculture en maintenant son revenu.


Ces propositions diversifiées donnent une impression de sérieux et d'engagement. Mais les pays qui ont réussi à modifier en profondeur les pratiques agricoles ces dernières années ont surtout joué d'une arme qui n'est pas mentionnée dans le projet Barnier : une taxation massive des produits phytopharmaceutiques.

Le Danemark et la Norvège, par exemple, ont choisi de taxer fortement l'utilisation des pesticides (entre 33 % et 54 % au Danemark, environ 30 % en Norvège). Au Danemark, l'objectif ambitieux fixé était similaire à celui de la France aujourd'hui, réduire l'usage de ces produits de moitié en dix ans. Il a été atteint en 2000.


Bien que l'agriculture française ne soit pas directement comparable à celle de ces pays, il est intéressant de constater que ces derniers ont fait significativement évoluer les comportements et atteint leur but grâce à un niveau de taxe très élevé, tout en compensant le manque à gagner des agriculteurs (baisse des taxes foncières, subvention du conseil agricole). La taxation est, de plus, l'instrument le plus efficace, d'un point de vue économique, pour atteindre un tel objectif de réduction.


Une telle modification des règles du jeu fiscal n'a pas été proposée en France, où l'on s'en tient à une faible redevance prélevée par les agences de l'eau (moins de 10 euros par hectare en moyenne), de crainte d'une levée de boucliers immédiate de l'industrie phytosanitaire et des exploitants agricoles.


Ces craintes sont elles justifiées ? L'industrie phytosanitaire est effectivement directement concernée. Quant aux agriculteurs, ils pourraient aussi réagir vivement en anticipant un fléchissement de leur revenu si les nouvelles taxes n'étaient pas compensées par des subventions équivalentes. Les produits phytosanitaires peuvent atteindre 25 % des charges opérationnelles des céréaliers ou des viticulteurs ; l'augmentation du coût de ces intrants aurait donc un impact immédiat sur les marges bénéficiaires.


Mais seule une telle taxation les obligerait à remettre en cause profondément leurs pratiques, car la diminution de moitié de l'usage des pesticides qui est visée n'est pas compatible avec les critères actuels de rendement et de qualité des produits, ce qui signifie que de nouveaux systèmes de production devront être trouvés pour chaque filière, avec un accompagnement fort des pouvoirs publics pour assurer la transition (recherches en partenariat avec la profession agricole, conditionnalité des aides publiques, taxes progressives).


Un plan de cette ampleur nécessite en tout état de cause le maintien d'une relation de confiance entre la profession agricole et les pouvoirs publics. Il serait dommage que la classe politique française botte en touche par manque de courage, surtout si la situation des marchés redevient favorable aux revenus agricoles, permettant ainsi de disposer d'une marge de manoeuvre inédite pour mettre en place un financement ambitieux de cette politique. L'alternative : s'en tenir aux déclarations d'intention et observer la situation écologique et notre santé se dégrader.

Alban Thomas, professeur à l'Ecole d'économie de Toulouse (TSE) et à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra).








 
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